À quelques jours de s’envoler pour le mythique Marathon de Boston, notre athlète Tonton Outdoor, Katia Raoult s'est confiée à notre micro. Entre ses racines bretonnes, sa récente performance au semi-marathon de Paris, son arrivée au sein de la Team Tonton Outdoor, et son rêve de World Marathon Majors, rencontre avec une athlète qui refuse les faux-semblants.
La course à pied une passion qui perdure
Pour Katia, la course à pied est un héritage qui remonte à l'enfance. Née en Bretagne dans les Côtes-d'Armor, elle a grandi sur les pistes d'athlétisme dans les pas de ses parents, coureurs de bon niveau. Si elle a commencé par jouer dans le bac à sable du saut en longueur du stade du Prieuré à Guingamp, elle a surtout exploré une multitude de disciplines : 15 ans de danse et même un passage par l'équitation. C’est finalement au collège, lors des cross-country, qu’elle découvre son esprit de compétition. Après une pause pour se consacrer à la danse, elle revient naturellement à ses premiers amours : l'athlétisme. "C'était mon petit truc à moi. Au collège je me démarquais sur les différentes compétitions", se souvient-elle.
Passée par Castres à la suite de ses études en 2021, elle rejoint ensuite la Belgique pour le travail. Sur place, la native de Ploumagoar (Côtes-d'Armor) ne se ménage pas. En pleine préparation pour le marathon de Berlin 2025, Katia subie alors une fracture de fatigue au talon. Suite à cet épisode douloureux, Katia a été contrainte de changer ses habitudes et de prendre son mal en patience. Entre repos forcé, renforcement musculaire et sorties vélo, Katia découvre une nouvelle vie. "Cette blessure a finalement été un mal pour un bien." Berlin n'est que partie remise puisque Katia sera au départ du marathon en septembre prochain.
Aujourd'hui ingénieure dans le milieu de la santé et courseuse confirmée, Katia jongle au quotidien entre sa vie professionnelle et sa passion pour le sport. Sous la houlette de son entraîneur Patrick Després, avec qui elle collbaore depuis plus de 5 ans malgré la distance, elle s'astreint à une rigueur chirurgicale. "Il m'envoie mes séances toutes les deux semaines. Au fil des années, nous avons trouvé le parfait équilibre." Un soutien sur lequel elle peut s'appuyer même dans les moments les plus difficiles.
Son arrivée récente dans la Team Tonton Outdoor n'est donc pas un hasard. "Étant Bretonne, j'ai toujours connu l'enseigne. Avec mes parents, nous avons pris l'habitude de nous équiper dans les magasins spécialistes. Avant l'arrivée des boutiques à Paris et à Nantes, je pensais même que Tonton Outdoor était présent partout en France", s'amuse celle qui portait déjà le tour de cou Tonton, bien avant d'intégrer l'équipe. En rejoignant la grande famille Tonton Outdoor, Katia y a trouvé ce qu'elle cherchait. Un partenaire qui mise sur le projet sportif tout en accordant une grande place à l'humain. "La grande diversité de produits et les origines bretonnes m'ont rapidement convaincues."
Hoka Semi de Paris : un record et un coup de gueule
Première française lors du Hoka Semi-marathon de Paris (1h15'33") en mars dernier, Katia a frappé un grand coup sur le bitume parisien. "Ce semi, c'est ma course favorite, un rituel ! Au 15ème kilomètre, j'ai compris que le record était possible". Néanmoins, ce nouveau record personnel a été entaché par un manque de reconnaissance. À l'arrivée, le silence est total, aucun membre de l'organisation ne l'informe qu'elle termine première française. "Je l'ai appris par la suite sur les réseaux sociaux en rejoignant ma famille." Elle ne mâche pas ses mots sur la médiatisation du sport féminin. "Sur les dizaines de vidéos publiées par les médias spécialisés après la course, la quasi-totalité concernait les hommes ou des influenceurs. "Généralement, les trois premiers hommes et la première femme sont interviewés mais pas le reste du podium féminin. Pour un semi qui réalise de la communication sur la journée internationale des droits des femmes, c'est paradoxal. Je ne demandais pas la lune, juste une information."
Courir quand on est une femme : entre liberté et vigilance
Le récent Semi-marathon de Paris a mis en lumière une initiative forte : un sas laissé vide pour dénoncer l'insécurité des femmes qui courent. Un message qui résonne particulièrement chez la jeune femme, habituée à s'entraîner partout au gré de ses déplacements. "Cette action est une belle initiative. En tant que femme, nous sommes confrontrées très souvent à l'insécurité." Coups de klaxon sur les bords des routes ou encore des remarques sur les quais, les incivilités sont monnaie courante. Pour continuer à vivre sa passion sereinement et courir en sécurité, l'athlète a développé ses propres réflexes. "Je cours toujours avec mon téléphone avec ma localisation en direct. Si c'est le soir ou dans un endroit que je ne connais pas, je privilégie les zones éclairées, la ville et les lieux où il y a du passage". Une organisation nécessaire pour que la course reste un plaisir, même à l'heure où les mentalités peinent encore à évoluer. Cette année, lors de cette nouvelle édition du Hoka Semi-marathon de Paris, 46% des participants étaient des femmes (contre 35% en 2022). Un chiffre qui illustre parfaitement la volonté des femmes de participer aux courses. "Aujourd'hui et plus que jamais, les femmes osent désormais prendre des dossards !", se réjouit Katia.
Les 7 World Marathon Majors : le rêve d'une vie
Pour Katia, le marathon et les World Marathon Majors représentent une invitation au voyage. Si certains athlètes enchaînent les compétitions à un rythme effréné, elle, préfère prendre son temps. "Je n'essaie pas de faire plus de deux marathons par an, c'est déjà beaucoup", explique-t-elle. Son approche des World Marathon Majors (les 7 plus grands marathons du monde) se veut immersive et personnelle, loin de la quête de records médiatisés. Si elle salue l’exploit de coureurs comme Dorian Louvet, l’idée d’enchaîner sept marathons en un an ne la fait pas rêver. "Mon projet est lié au voyage. Si je dois mettre 7 ou 10 ans à faire les Majors, ce n'est pas grave. Je veux avant tout profiter de l'ambiance de chaque ville". Pour Boston, Katia a d'ailleurs prévu de rester deux semaines sur place. Cette aventure, elle la partagera avec une amie qui ne courait jamais auparavant et qu'elle coache désormais. Leur pacte : franchir ensemble la ligne d'arrivée du dernier Major à New York, sur Times Square.
Cette soif de découverte a déjà mené Katia aux quatre coins du globe. Du Kenya à l'Asie, la course à pied est devenue son meilleur outil d'exploration. "La meilleure façon de visiter une ville, c'est en courant. En une heure de course à pied, on peut voir autant de choses qu'en une journée de visite touristique." Au Kenya, c'est à Iten, la (terre des champions), qu'elle a vécu ses plus beaux moments de partage, courant avec les locaux dans une ambiance de simplicité absolue. C’est cet aspect humain qui l'anime, même si la compétition n'est jamais loin. "Mon entraîneur me surnomme même la nomade un peu perdue (rires) car je suis tout le temps en train de bouger à droite et à gauche".
Ce lundi 20 avril, Boston sera donc la première étape de Katia dans cette quête des World Marathon Majors. Un mélange de peur et d'excitation pour la nouvelle athlète de la Team Tonton Outdoor. "J'ai l'impression de ne plus trop avoir de repères sur marathon. C'est un marathon mythique et mon tout premier Major." Avec un temps de référence de 2h43'48" couru à Séville en févier 2025, Katia a de quoi nourrir des ambitions même si le marathon de Boston n'est pas le plus roulant de la planète. "Avec ses chaussures Asics carbone Metaspeed Sky Tokyo aux pieds, sa montre Garmin au poignet et sa veste de running de la Ligue de Bretagne d'Athlétisme sur le dos, Katia Raoult compte bien dompter le plux vieux marathon du monde de l'autre côté de l'Atlantique.