Conseils techniques | Comment s’équiper pour un trek ? - Les conseils de Tonton Pierre (Le Clainche)

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21/03/2022
Comment s’équiper pour un trek ? - Les conseils de Tonton Pierre (Le Clainche)

L’aventure, le dépaysement, l’émerveillement de se lever en pleine nature... Pas de doute, vous êtes soit en plein rêve, soit embarqué dans un formidable trek. Mais comme le chante Stromae dans sa célèbre chanson, de « formidable » à « fort minable », il n’y a qu’un pas. Et c'est ce qui arrive lorsque votre équipement de randonnée ne suit pas les traces de vos ambitions. Parmi les nombreuses pérégrinations, que j'ai eu la chance de vivre dans différents pays (Jordanie, Bolivie, Pérou, Brésil, Chili, Nouvelle-Zélande, Cambodge, Canada, etc), je peux vous assurer que la qualité de mon équipement m’a très largement sauvé. Bien choisir mon matériel de trek m'a aidé à rendre mon itinérance appréciable et confortable. Bien s’équiper, c’est l’assurance tous risques, qui vous évitera un trek cauchemar. Un petit peu à l'image de votre lune de miel en demande de divorce. Alors, vous souhaitez éviter tout cela et connaître les astuces pour bien vous équiper pour un trek ? Alors suivez le guide !

La mappemonde tourne, tourne, tourne et… Paf ! Mon doigt l’arrête sur la Jordanie : c’est décidé, c'est là-bas que j’irai explorer les ruines ancestrales de la cité nabatéenne de Petra, à l’instar d’Indiana Jones, le mois de Décembre qui suit. J'irai m’aventurer dans le désert du Wadi Rum comme Lawrence d’Arabie.

Donc, qui dit désert dit températures élévées et environnements chauds ! Je déballe donc tous mes shorts techniques et t-shirts respirants avant de me rendre compte, que, même en plein désert, les températures peuvent flirter avec le zéro degré en pleine nuit. Zut ! Comment s’équiper intelligemment pour des destinations où les températures oscillent autant ? De 30 degrés à 0 degrés, il y a une marge importante, dont une seule règle permet de solutionner le problème : le système à 3 couches.

 

Le système de l'oignon : Une protection à trois couches 

Le concept de l'oignon ne sort pas des laboratoires de la NASA, mais il fallait tout de même y penser. Petit rappel à tous les apprentis de l’outdoor (Là, je me la raconte un peu, j'avoue !) : on n’empile pas n'importe quels vêtements chauds en guise de couches isolantes, comme on empilerait un tas de crêpes au goûter. Votre objectif est d'augmenter votre apport de chaleur et non de fondre littéralement durant l'effort. Pour faire simple, si vous enfilez des vêtements non techniques (Du genre le vieux pull en coton de mamie, que vous aimez tant), l'air ne circulera pas : Ni entre vos couches de vêtements, ni entre votre textile et votre peau. Or ce sont les molécules d’air que votre corps réchauffe lors de l'évaporation qui vous apportent cette chaleur, tant appréciable durant vos randonnées. Si l’air ne circule pas, elle se charge en humidité et devient eau ou transpiration, ce qui va être particulièrement désagréable ET pour vous, ET pour votre partenaire de nuitée ;) Plus séreusement, il n'y a rien de pire que d'être mouillé ou de se sentir humide constamment, durant un trek longue durée. 

Un, deux, trois = respiration, isolation et protection. C’est le concept du « trois couches en randonnée et trekking». 

Vous parer de vêtements respirants, c’est laisser l’humidité s'évacuer, pour ne garder que la "sensation de chaleur" en cas de froid. Beaucoup de marques se targuent de proposer un large panel de vêtements respirants mais (et je vous promets que je n'ai pas d'action chez eux) j’avoue être tombé totalement amoureux de la marque « Icebreaker ». Cette marque fabrique des sous couches imbattables en termes de qualité et d'efficacité (caleçons et chaussettes compris).

La laine mérinos, ça vous parle ? Si vous vous intéressez à la randonnée ou aux voyages notamment en backpacking, vous en avez sûrement entendu parlé au moins une fois. Et oui, il s’agit de cette fameuse laine "miraculeuse" provenant d’une race spécifique de moutons les "moutons mérinos", qui est clairement une bénédiction pour nous, simples êtres humains imberbes, dépourvus de fourrure à notre naissance (quelle idée franchement !).

 

La première couche : La sous-couche en laine de mérinos, la fameuse bénédiction ! 

Particulièrement exposés aux conditions dites « extrêmes » pendant une itinérance en trek, nous sommes toujours à la recherche du meilleur rapport poids - confort. Les textiles en laine mérinos possèdent l’avantage de se porter aussi bien en condition froide qu'en condition chaude, grâce à leur isolation thermique et une régulation de votre température corporelle. L’humidité s’évacue parfaitement quand il fait froid et même si l’on transpire, l’eau (pour ne pas dire, la transpiration) au contact de ce textile reste confortable et chaude. Fini le t-shirt qui gratte, les mauvaises odeurs au cours de vos efforts et la corvée de repassage ! Les propriétés techniques de la laine de mérinos sont bluffantes. Faisons appel à Jamy de « C’est pas sorcier » : la kératine, molécule protéique de la laine mérinos, détruit les bactéries à l’origine des mauvaises odeurs, et hop, on ne sent plus le sanglier en rut ! 

 

La deuxième couche : La polaire ou la doudoune de randonnée, technique et isolante !

Être l'enfant du milieu dans une fratrie c’est le pied : on appelle son grand frère quand on se fait embêter pour qu'il nous défende, tout en draguant les copines de sa petite soeur. Le lien avec la deuxième couche chaude en randonnée ? C'est le confort biensûre 

Ici, au moins l'un des deux vêtements de trek que nous allons aborder dans ce paragraphe doit faire partie de votre garde robe de trekeur (les deux, pour être au top du top !) : La polaire technique et la doudoune de randonnée

Choisissez la polaire, aussi appelée micro-polaire ou la doudoune de Gigi dans « Les bronzés font du ski », selon le degré d’exposition au froid de votre trek. Cette couche vous isolera du froid extérieur en transférant l’humidité de la première couche vers la ventilation de la seconde, tout en conservant la chaleur dégagée par votre corps. Je vous suggère fortement d'investir sur un modèle « zippé », que ce soit lors de votre choix de polaire que dans votre choix de doudoune. Et même si vous en dégotez une absolument superbe, stylée, méga-hype, dans votre couleur préférée, sans zip, laissez là dans votre dressing pour la soirée d'arrivée ! Vous pourrez la porter sur les photos d’après trek, mais sur le terrain il est indispensable de pouvoir zipper et dézipper cette couche au fil de l’effort et des conditions climatiques, dans un ultime but : Favoriser la respiration et réguler la transpiration.

Cette veste sera la première à sauter en cas de surchauffe de votre corps d’athlète grec.

 

La troisième couche : La veste de pluie de randonnée, contre les intempéries !

L’indispensable ! Si n’importe quel guerrier viking ne part jamais en croisade sans son bouclier, un vrai trekeur ne s’engage pas dans son périple sans sa veste « Gore-Tex » ou autre membrane imperméable similaire. Cette couche est clairement le nouveau bouclier du 21ème siècle, face aux intempéries d’une nature hostile. Cette troisième couche de randonnée, est votre armure finale. C’est elle qui se trouve en duel direct avec les conditions extérieures, quelles qu’elles soient : vent, neige, pluie. Elle doit être respirante, imperméable, coupe-vent et technique, rien que cela !

Autant vous le dire tout de suite, vous ne la trouverez pas dans un hypermarché de hard-discount. La technique a un prix et celui-ci le vaut largement, croyez-moi ! Chaque produit estampillé « Gore-Tex » possède des qualités différentes en fonction de l’activité : cyclisme, trail-running, alpinisme, randonnée et trekking. En été comme en hiver, elle ne quitte jamais le fond de mon sac. Vous devez en faire de même, que vous soyez le parfait trekeur ou un trekeur en devenir.

 

Vous trouverez maintenant, de nombreuses membranes imperméables autres que "Gore-Tex", techniques et qualitatives, notamment H2No chez Patagonia ou Futulight chez The North Face.

Pour la petite anecdote, dans le désert jordanien, lors de mon voyage au Moyen-Orient, il m’est arrivé de la porter simplement par dessus un t-shirt, pour me couvrir de la tempête de sables qui sévissait l'environnement dans lequel je me trouvais. Elle ne me tenait pas chaud, mais m'a largement protégé de l'extérieur !

 

Les accessoires in-dis-pen-sables

Imaginez : une nuit noire, des gargouillements prononcés provenant de votre ventre, les cernes creusées, vous arrivez au point d'arrivée souhaité, de votre itinéraire où vous devez passer la nuit. Votre partenaire vous hait depuis un peu plus de deux heures. Enfaite, depuis le moment où vous lui avez assuré que l’endroit se trouvait « juste derrière la butte », « plus très loin », « à 20 minutes maximum »… Bref, il vous faut dresser le campement et préparer à diner en moins de 15 minutes pour sauver "votre mariage". Mission impossible ? Mais non voyons, rien n'est impossible quand on est équipés avec du matériel de bivouac performant !

Votre sac à dos léger, robuste et technique de 45 litres est une mine d’or pourvue d’une lampe frontale, d’une lampe de campement écologique sur batterie solaire, d’un réchaud ultra compact, d’un jet-boil, d’un kit de pique-nique écoresponsable, de deux sachets de repas lyophilisés poulet-basquaise et de deux succulentes barres de céréales « Clif » nut butter filled chocolat - beurre de cacahouètes (les préférés du big boss de Tonton Outdoor).

Ce menu digne d’un restaurant trois étoiles parisien cuit sur le feu, doit être prêt en... deux minutes chrono ! L'étape suivante est de monter votre tente de bivouac deux personnes ultra-light. Challenge accepté et relevé haut la main ! Bravo ! Après ce souper, il est temps de vous glisser dans votre duvet compact de trekkeur, sous lequel git le matelas technique auto-gonflant qui vous accompagnera pendant de longues années.

Le lendemain matin, le soleil levant aux couleurs orangées offre la plus belle des récompenses à ceux qui savent provoquer cette chance, de se reconnecter à la nature. Félicitation ! Vous êtes un trekkeur accompli. Une douche à la fraîche sous la cascade que vous n'avez pas eu le temps d'admirer la veille au soir, un petit brossage de dent après un bon café chaud et c’est reparti pour de nouvelles aventures !

 Alors, vous êtes prêt à découvrir la Jordanie, avec votre sac à dos de rando en guise de compagnie ? 

Tonton Pierre


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